« HABITER LE TEMPS QUI RESTE… » : le troisième volet de la trilogie Antigone est paru !
Le chantier ouvert à l’été 2024 se termine enfin : Antigone N°3 est enfin disponible ! Le résultat final est assez différent de celui que nous avions en tête quand nous l’avons débuté. Nul ne pouvait avoir la certitude que Donald Trump serait élu, encore moins prévoir que le nom de René Girard serait jeté aux grands vents du désordre mondial par quelques magnats de la Silicon Valley.
Plutôt que de nous précipiter dans la polémique, nous avons préféré prendre le temps du recul. Et voici comment, après beaucoup d’incertitudes et de rebondissements, les deux numéros planifiés en 2025 se sont transformés en ce gros volume de 450 pages.
En écho aux angoisses contemporaines, nous allons y traiter de l’« apocalypse » au sens où René Girard l’entendait : non pas comme l’attente paniquée d’une « fin » mais comme un appel à la responsabilité, comme une invitation à « habiter le temps qui reste ». Telle un signe d’espérance, l’infinie variété des contributions proposées y forment la mosaïque d’un futur toujours ouvert.
Dans de telles conditions de gestation, c’est peu dire qu’Antigone N°3 ne se veut ni un mémorial posé sur une étagère, ni le dernier volet d’un triptyque en forme d’éloge funèbre. Il documentera les soubresauts d’une époque et sera je l’espère – mais qui peut dire dans quelles conditions ? – une invitation à continuer la route.
A hauteur de la minuscule structure que nous sommes, ces deux ans de travail apparaissent rétrospectivement comme un effort titanesque ; le fait d’avoir pu mener l’entreprise à son terme, comme une sorte de miracle. Je ne remercierai jamais assez nos auteurs et nos relecteurs pour le temps, le savoir et les compétences qu’ils nous offerts. Sans ce réseau de confiance et d’amitiés, jamais la Société des Amis de Joseph & René Girard n’aurait pu mettre sa signature en bas du « Bon à tirer ».
Bon été et bonne lecture !
Éditorial de Benoît Girard
« Habiter le temps qui reste : genèse et problématique d’un numéro »
Les cérémonies du centenaire se refermaient à peine, en cette nuit du 25 décembre 2023, que la figure de René Noël Théophile Girard se retrouvait aussitôt sous les feux de la rampe, propulsée au firmament de l’autorité morale par ceux qui préparaient l’accession au pouvoir de Donald Trump. S’agissant d’un intellectuel français qui, une soixantaine d’années auparavant, avait introduit Derrida et la déconstruction sur le sol américain, le paradoxe ne manquait pas de saveur ni d’ironie…
Des deux côtés de l’Atlantique, beaucoup exprimèrent leur satisfaction. Enfin la « croisade anti-woke » avait trouvé son intellectuel organique ! D’autres, à l’inverse, jugèrent la situation gênante et plaidèrent la « distinction de l’homme et du philosophe » : la fréquentation de si peu recommandables réseaux par une partie du microcosme girardien ne pouvait résulter que de pures conjonctures personnelles. À cette stratégie d’occultation répondit, comme au Sanhédrin, la puissante clameur des scandalisés : de quel autre signe avait-on besoin pour démontrer que toute pensée fondée sur le christianisme était fatalement vouée à la glissade réactionnaire ?
Antigone a choisi de se tenir à l’écart des postures morales et d’explorer une voie radicalement différente. Il ne fallait pas chercher à salir ni à préserver une réputation mais vivre cette situation comme une mise à l’épreuve et comme une mise en abyme de la pensée girardienne dans la conflictualité de ses propres réceptions. René Girard fut l’homme des contradictions et ce sont ces contradictions qui ressurgissent dans les lectures qui sont faites de son œuvre. Il ne faut pas entendre par là que René Girard était contradictoire. Il faut plutôt admirer l’intégrité qui demeura la sienne face aux contradictions de son temps. Plutôt que de chercher à séparer le bon grain et l’ivraie (parabole sacrificielle s’il en est !), il a endossé le conflit et systématiquement recherché le plan sur lequel les dissonances pouvaient s’harmoniser. « La tragédie – a-t-il écrit – commence là où s’effondrent ensemble et les illusions des partis et celles de l’impartialité ». L’histoire de l’humanité ne se réduit pas au combat du bien contre le mal. Elle doit se vivre comme une dramatique dont le dénouement dépendait de la responsabilité avec laquelle chacun s’engage dans un rôle que la vie a choisi pour lui. Il ressort de là une mise en tension radicale du champ politique. D’un côté René Girard procède à une déconstruction systématique de la culture, comprise comme structure de violence. Mais de l’autre, sa méfiance devant toute forme de narration collective débouche sur une exigence de conversion personnelle plutôt que sur une aspiration à la subversion collective. René Girard est donc à la fois déconstructeur ET tenant de l’ordre, woke et chrétien, révolutionnaire ET conservateur. Il est l’un parce que l’autre, et l’autre parce que l’un. Mais il ne l’est pas à la manière d’un idéologue confusionniste qui tenterait d’imposer par la force une « troisième voie fasciste ». Il l’est en littéraire, comme un Don Quichotte qui n’aura cessé un seul instant d’écrire le roman de sa propre vie. De la même façon qu’on reproche à la Bible sa violence justement parce qu’elle n’est pas entièrement gouvernée par elle et qu’elle a le pouvoir de la mettre en spectacle, on impute à René Girard ses contradictions parce qu’il les médite, qu’il les expose, et qu’il nous invite à en faire de même. « Habiter le temps qui reste », c’est se mettre en position d’attente et ce n’est pas chercher chez René Girard le moyen de combler hic et nunc notre vide existentiel. René Girard lui-même s’est contenté d’habiter cette attente, et il l’a habitée de toutes les façons possibles. Ce faisant, il accouche de sa propre vérité existentielle et, par ce geste, il révèle le mensonge romantique de nos autonomies égotiques. C’est pourquoi il se fait le sujet de la prophétie évangélique :« malheur à celui par qui le scandale arrive ! »
Il convient donc d’assumer, ni pour s’en glorifier, ni pour la rejeter, que la pensée mimétique est une pensée de la crête. Elle est toujours susceptible de verser du côté réactionnaire parce que c’est avant toute chose une pensée de la symétrie, de l’indifférenciation, de la réciprocité, et qu’elle peut se vivre comme un refuge pour ne pas avoir à penser la domination. C’est pour cette raison – qu’il convient de regarder en face puisque cela-même donne à penser ! – qu’elle est si populaire dans certains milieux « intellos » du MAGA ou de la Silicon Valley.
Une telle situation dessine en creux l’un des principaux chantiers intellectuels qu’il nous reste à mener en un siècle qui paraît pour l’instant si mal embarqué : réconcilier Girard et Marx, articuler la grille mimétique et la grille de la domination, deux matérialismes dont l’un, bizarrement, se fraie un chemin vers la transcendance et restitue la spécificité radicale du langage humain, non pas sous le régime d’une affirmation « scientifiquement démontrée » mais sous le sceau d’une absence qui laisse discerner les contours d’une présence possible… C’est de l’incapacité à superposer ces deux grilles pour produire une vision stéréoscopique du réel que naissent les anathèmes dont l’actualité nous offre le spectacle de plus en plus délirant.
Le plus difficile à admettre, dans les conditions de « dévoilement » qui sont les nôtres aujourd’hui, ce sont les « pensées de la refermeture ». Au lieu de profiter des brèches qui s’ouvrent pour envisager un dehors à la prison et nous entraider à reconnaître que NOUS y sommes TOUS enfermés, voilà que nous nous servons de nos haines pour étayer ce qu’il en reste. Dans ces conditions, la pensée girardienne se présente comme une alternative impitoyable du dialogue ou du suicide. Ou bien elle nous installe dans une dynamique de déconstruction mutuelle de nos récits, et elle dégage la route d’une émancipation possible. Ou bien elle se représente comme l’Everest philosophique d’où une petite élite se partagerait le privilège d’une lucidité panoramique, et elle ne débouche sur rien d’autre qu’un saut dans le vide.
C’est dire si ce troisième opus d’Antigone ne se veut pas un balcon sur l’incendie, une « fascination pour le désastre », un surplomb d’où l’on contemple le grouillement de la fourmilière humaine en se flattant d’avoir eu raison avant tout le monde. Il y a, derrière la lente gestation de ce numéro, les fils enchevêtrés d’une histoire en train de se faire : fil de la petite histoire familiale qui nous conduit au terme d’un centenaire en vue duquel la Société des Amis de Joseph & René Girard avait été fondée en 2023 ; fil d’une cohérence intellectuelle qui relie l’autel du sacrifice, où culmine l’anthropologie de René Girard (N°1), le terrain de l’art, par où il avait commencé (N°2), et finalement le dévoilement évangélique, qui est le sens oublié du mot Apocalypse ; le fil de l’Histoire majuscule, enfin, cette « grande H. » qui n’aura cessé depuis trois ans de faire trembler les fondations du Monde… Mais il ne faut pas oublier un quatrième fil, celui par lequel nous avons commencé et dont la trame relie les trois autres : celui d’une pensée qui, en dépit de tous les efforts déployés par son auteur pour l’éviter, s’est immergée dans l’événement pour en faire surgir de curieux épigones : Peter Thiel, fondateur de Paypal, s’autorisant du magistère girardien à Stanford pour préférer Constantin à Mère Thérésa ; J.-D. Vance, Vice-Président américain, déclarant s’être converti au catholicisme à la lecture de Girard et de saint Augustin. Il fallait donc que la pensée s’incarne, que les acteurs de cette narration descendent de leurs chaires et mettent leurs tripes sur la table. C’est à cette épreuve crucifiante mais libératrice que se sont livrés, chacun à leur manière, les contributeurs de cet épais numéro : grandes plumes girardiennes habituées à explorer les méandres de la pensée mimétique ; mais aussi « praticiens de la vie » (juriste, architecte, peintre, politique, religieux, forestier…) ne s’autorisant d’aucune onction universitaire pour témoigner des circonstances dans lesquelles l’œuvre de René Girard a percuté leur existence, dessiné une cohérence dans leur parcours, installé un dialogue inattendu entre des champs disciplinaires ou idéologiques que tout paraissait opposer… Telle est la méthode qui sert de fil conducteur à Antigone depuis qu’elle a choisi de se mettre sous le patronage de René Girard, de Sophocle et de Simone Weil : restituer et dépasser la diversité de nos impasses narratives sous la forme d’une polyphonie tragique, ouvrir la brèche par où l’écran du langage se fait une ouverture sur l’infini.
Voici donc le défi que cherche à relever ANTIGONE N°3 : refermer un centenaire, le regard fixé sur l’horizon, et tenter d’« habiter le temps qui reste »…
Benoît Girard
Deux citations de René Girard sur l'apocalypse
« Dire que nous sommes en situation d’apocalypse objective, ce n’est nullement “prêcher la fin du monde’’, c’est dire que les hommes, pour la première fois, sont vraiment les maîtres de leur destin. La planète entière se retrouve, face à la violence, dans une situation comparable à celle des groupes humains les plus primitifs, à ceci près, cette fois, qu’ils savent à quoi s’en tenir : nous n’avons plus de ressources sacrificielles et de malentendus sacrés pour détourner de nous cette violence. Nous accédons à un degré de conscience et de responsabilité jamais encore atteint par les hommes qui nous ont précédés.
Ce qui est effrayant, aujourd’hui, ce n’est pas le sens nouveau qui nous appelle, c’est l’évitement kafkaesque de tout sens. C’est le nihilisme cognitif auquel aboutissent toutes les pensées actuelles. C’est le refus panique de jeter le moindre coup d’œil dans la seule direction d’où le sens pourrait encore venir. (…) Ce n’est pas la faute du texte évangélique, assurément, si la bonne nouvelle dont nous nous croyions à jamais débarrassés revient vers nous dans un contexte aussi redoutable. C’est nous qui l’avons voulu ; ce contexte, c’est nous qui l’avons élaboré. Nous voulions que notre demeure nous soit laissée, eh bien, elle nous est laissée (Lc 13, 35). » Des choses cachées depuis la fondation du monde, « Science et apocalypse »
« L’apocalypse n’annonce pas la fin du monde ; elle fonde une espérance. Qui voit tout à coup la réalité n’est pas dans le désespoir absolu de l’impensé moderne, mais retrouve un monde où les choses ont un sens. L’espérance n’est possible que si nous osons penser les périls de l’heure. À condition de s’opposer à la fois aux nihilistes, pour qui tout n’est que langage, et aux “réalistes’’, qui dénient à l’intelligence la capacité de toucher la vérité : les gouvernants, les banquiers, les militaires qui prétendent nous sauver, alors qu’ils nous enfoncent chaque jour un peu plus dans la dévastation » Achever Clausewitz, Introduction
AU SOMMAIRE D’ANTIGONE N°3…
À partir des perspectives apocalyptiques de René Girard et de leur instrumentalisation dans certains milieux de l’extrême-droite états-unienne, est-il encore possible d’accorder une pertinence à l’action politique et, si oui, dans quel périmètre ? Comment penser la souveraineté (au sens large) dans le contexte d’une crise générale de tous les récits collectifs ?
1) Positions du problème : l’apocalypse, entre dévoilement et contrefaçons – Père Paco Esplugues (« Approcher l’Apocalypse »), Bernard Perret (« Fin des temps » ou « temps de la fin » ?) Wolfgang Palaver (« René Girard, entre le Katechon et l’Antéchrist »), Philippe Maître (Les religions identitaires, au pôle négatif du sacré), Claire Cical (« Exocapitalism et le Romantisme de l’autonomie, une critique généalogique et systémique du mensonge romantique de l’économie post-humaine »).
2) Se décentrer : l’apocalypse, hier et ailleurs – Denis Crouzet (« L’Apocalypse au temps des guerres de Religion »), Bruno Guigue (« Le « choc des civilisations » vu de Chine »).
3) Éclairer la démocratie au temps des « Lumières sombres » : quelles frontières ? Quelle politique ? Quels récits ? Quelle souveraineté ? – Jean-Marc Bourdin (« « Je veux la justice et non le sacrifice », Eschyle et l’Orestie »), Benoît Girard (« Récit de la crise ou crise du récit ? »), Denis Monod-Broca (« Trump, roi de carnaval …ou les USA, roi du monde ? »), Roland Ezquerra (« Dés-idolâtrer sans se dissoudre »), Mathieu Devuyst (« Nous vivons une époque formidable »), Romain Vignest (« De Romanitate nostri »), Nicolas Maxime (« Pour un souverainisme inclusif »), François Asselineau (« La souveraineté à la française : ouverture au monde ou fermeture nationaliste ? »).
4) Faire la paix – Tareq Oubrou(« Penser notre commun à la lumière de l’intertexte »), Mickaël Azoulay (« Dialoguer sous le regard de la Bible »), Père Paco Esplugues (« Une paix désarmante »).
EN CONCLUSION : une correspondance inédite avec René Girard, commentée et mise en perspective par Raphaël Baeriswyl (« Peut-on instrumentaliser la Croix ? Un échange inédit avec René Girard »).
MAIS AUSSI…
- Une plongée dans l’univers de Jules Verne (Les Cinq cents millions de la Begum, Ambiguïté de l’utopie dans sa dualité, par Didier Lafargue).
- Un tour du monde en bibliothèque : récit du déménagement de la bibliothèque de René Girard depuis Stanford jusqu’à Avignon (par Karine Klein, conservatrice des fonds patrimoniaux de la bibliothèque d’Avignon).
- « Surfusion », par Fred Teste.
Contributeurs à Antigone N°3
François Asselineau – Haut-fonctionnaire (Inspection Générale des Finances), président de l’Union populaire républicaine, candidat à l’élection présidentielle de 2017.
Michaël Azoulay – Rabbin à Nice pendant un an puis exerce sept années à La Varenne-Saint-Hilaire-Saint-Maur. En janvier 2009, il succède au Grand-rabbin Alexis Blum à la tête de la synagogue de Neuilly. De 2008 à 2013, il représente le judaïsme au Comité consultatif national d’éthique (CCNE) où il se spécialise dans les questions de bioéthique. En février 2018, il prend la succession du rabbin Josy Eisenberg pour présenter l’émission Judaïca du dimanche matin sur France 2. Avec Michel Onfray : Dieu ? Le philosophe et le rabbin, Bouquins Éditions, novembre 2022
Raphaël Baeriswyl – Avocat d’affaires actif dans le domaine de l’aviation, Raphaël Baeriswyl propose un accompagnement juridique aux personnes qui acquièrent, vendent, financent ou exploitent des avions d’affaires. Passionné par l’observation, la théorisation et la modélisation de la réalité sociale, il a publié Le Pacte des Idoles - trois essais girardiens, (Ad Solem, Paris, 2019, réédité en 2026) et L’Amnésie de l’ogre (RÉVÉLATEUR, Chêne-Bougeries, 2021).
Jean-Marc Bourdin – Cadre dirigeant au sein de la Ville de Paris (directeur général, inspecteur général, sous-directeur et expert de haut niveau) dans trois domaines principaux : ressources humaines, eau et propreté, audit et conseil. Docteur en philosophie de l’Université Paris-VIII, Jean-Marc Bourdin s’intéresse notamment aux implications politiques de la pensée girardienne. Il l’auteur de L’Art contemporain à l’épreuve de la théorie mimétique (2016).
Claire Cical – Claire Cical est artiste-chercheuse indépendante. Elle est la créatrice de l’Instrument Kinesthésique, un dispositif artistique et technique explorant la médiation entre corps, toucher et machine. Depuis 2022, elle participe aux laboratoires de la résidence Foreign Objekt menée par Sepideh Majidi, au sein desquels elle développe des recherches mêlant philosophie analytique et spéculative, posthumanisme critique, et pratiques performatives. Ses travaux interrogent les conditions phénoménologiques, anthropologiques, politiques et sensibles du système technicien.
Denis Crouzet – Professeur émérite des Universités en Histoire moderne et contemporaine. Historien moderniste français, spécialiste du XVIème siècle, de la violence et des troubles de religion, ainsi que de l’histoire des mentalités et de l’imaginaire. Son travail de thèse est devenu un classique de l’historiographie française : Les guerriers de Dieu : la violence au temps des troubles de religion, vers 1525-vers 1610 (préf. Pierre Chaunu, avant-propos de Denis Richet), vol. 1 et 2, Seyssel, Champ Vallon, coll. « Époques », 1990.
Mathieu Devuyst – Originaire de Bruxelles, Mathieu Devuyst suit ses études à l’ULB (bachelier en sciences humaines et sociales et master en sciences de la population et du développement à orientation coopération internationale). Il vit aujourd’hui dans un petit village du Moyen Atlas. Animé d’un profond intérêt pour la philosophie et la spiritualité, et s’inspirant de la pratique amazigh de l’agdal – un système de gestion collective des terres –, il étudie comment des formes de médiation juridiques, symboliques et technologiques peuvent reconfigurer les relations entre les communautés humaines et le monde vivant.
Paco Esplugues – P. Francisco Esplugues est né à Valencia (Espagne). Supérieur Général de la branche sacerdotale de la Communauté Verbum Dei (1993-2002) et professeur de théologie dogmatique, il a effectué de longues années de mission en Amérique (USA, Mexique, Amérique latine) et en Asie. Docteur en théologie (Christologie du témoignage dans le concile Vatican II, Paris, Cerf, 2015), Paco Esplugues est aujourd’hui curé du diocèse d’Avignon et animateur de l’École de la Mission Saint Paul.
Roland Ezquerra – Photographe, peintre digital et poète. Issu d’un milieu ouvrier marqué par la Résistance et le communisme, son travail se situe à la rencontre de l’image, de la poésie et de la réflexion philosophique. Chrétien orthodoxe, marxiste, nourri par la psychanalyse de Freud et de Lacan, il explore dans ses textes et ses images les liens entre corps, désir, mémoire et lumière.
Benoît Girard – Titulaire d’un master en histoire moderne et contemporaine obtenu en 2003 sous la direction de Denis Crouzet à l’université Paris IV Sorbonne, Benoît Girard a enseigné l’histoire dans le secondaire (éducation prioritaire) pendant 16 ans. En 2023, il a fondé la revue Antigone pour le centenaire de son grand-oncle, l’académicien et anthropologue français René Girard. Il est chargé de production dans le secteur culturel.
Bruno Guigue – Normalien et énarque, chroniqueur en géopolitique, Bruno Guigue est un intellectuel progressiste et anti-impérialiste. En 2008, il a été exclu de la haute fonction publique pour avoir publiquement dénoncé les exactions de l’armée israélienne. Auteur de cinq ouvrages et de nombreux articles traduits en huit langues, il enseigne la philosophie et les relations internationales. Communisme, Paris, Delaga, 2022 ; L’Odyssé chinoise, Paris, Delga, 2025
Karine Klein – Chartiste, conservatrice des fonds patrimoniaux à la bibliothèque Ceccano d’Avignon où elle organise actuellement la réception, le classement et la mise en valeur de la bibliothèque de René Girard.
Didier Lafargue – Didier Lafargue est né en 1962 à Bordeaux, il a une formation d’historien et il est diplômé en documentation et en communication. Il est libraire au Bouscat dans la région bordelaise. Passionné par l’œuvre de Cari Gustav Jung, il travaille le thème de l’imaginaire et de la spiritualité. Il a écrit de nombreux articles dans les revues Jules Verne, Temporel, Atlantis, Acropolis, L’Initiation traditionnelle, Matières à penser, Choisir.
Philippe Maître – De retour de son service national en coopération en République centrafricaine Philippe Maître étudie la théologie à Issy-les-Moulineaux puis à Lyon en 1987. Il exerce ensuite le métier de forestier puis de formateur en bûcheronnage (Savoie) et de chef d’équipe dans un syndicat de rivière (Nord-Isère). Il est membre de Survie, association fondée par l’économiste François-Xavier Verschave.
Nicolas Maxime – Éducateur spécialisé de profession, passionné par la philosophie, l’anthropologie, l’économie et la sociologie. Il se réclame de Bernard Friot, Frédéric Lordon, Emmanuel Todd, Jean-Claude Michéa, Coralie Delaume, Alain Deneault, Naomi Klein, Robert Castel...
Denis Monod-Broca – Âgé de 80 ans, Denis Monod-Broca a une double formation d’ingénieur (ENPC) et d’architecte (ENSBA) et a fait toute sa carrière dans la maîtrise d’œuvre bâtiment. Lecteur de René Girard, convaincu de la pertinence de sa théorie du religieux, il s’efforce d’observer à sa lumière l’actualité politique et géopolitique.
Tareq Oubrou – Tareq Oubrou est imam de Bordeaux depuis de nombreuses années. Il est considéré comme une des personnalités les plus influentes dans l’islam de France. Il a notamment publié chez Albin Michel, en dialogue avec la sociologue Leïla Babès, Loi d’Allah, loi des hommes.
Wolfgang Palaver – Wolfgang Palaver est professeur de pensée sociale catholique à l’Université d’Innsbruck, en Autriche (où il a également été doyen de la Faculté de théologie catholique de 2013 à 2017). De 2007 à 2011, il a été président du « Colloque sur la violence et la religion » et en 2016, il est devenu membre honoraire de son conseil d’administration. Il a publié des livres et des articles sur la violence et la religion, Thomas Hobbes, Carl Schmitt, Simone Weil et René Girard.
Bernard Perret – Ingénieur et socio-économiste français, ancien élève de l’École polytechnique et de l’École nationale de la statistique et de l’administration économique (ENSAE), Bernard Perret est membre du comité de rédaction de la revue Esprit. Penser la foi chrétienne après René Girard, Ad Solem, 2018 ; C’est l’amour qui me plaît et non les sacrifices, Paris, Salvator, 2025
Frédéric Teste – Kinésithérapeute, ostéopathe (ancien membre du Team Citroën Sport en Championnat du monde des rallyes WRC), il développe une approche analytique des techniques de soins au profit de ses patients (Conversations Tissulaires, Sully, 2022 ; L’ostéopathie au-delà de la matière, Marco Pietteur, 2025).
Romain Vignest – Romain Vignest, agrégé de lettres classiques et docteur de l’université Paris-Sorbonne, a publié Victor Hugo et les poètes latins (2011). Président de l’association des professeurs de lettres, il a dirigé La Langue française et la Méditerranée (2010), Enseigner les humanités (2010), La France et les lettres (2012), La Grande Guerre des écrivains (2016) et Italie-France : littératures croisées (2021). Il s’est également intéressé à la littérature africaine de langue française.