Actualité du sacerdoce et de l'Empire
Trump s’en prend au pape.
Par la magie de l’IA, il s’expose en Dieu le père, ou en Jésus Christ.
Agissant ainsi, il ne choque pas seulement les catholiques.
Face au monde entier, il défie le sens, la raison, la pensée, le savoir.
Or il ne représente pas que lui-même. Il est le président des États-Unis d’Amérique. Il pense, parle et agit au nom du pays tout entier.
La nation à la destinée manifeste, hégémon sacré du monde depuis un siècle, a réélu ce champion toutes catégories de la transgression.
N’est-ce pas étrange ?
Alors que sa toute-puissance est battue en brèche, elle se donne pour président cette incarnation d’Ubu-roi, ce cavalier de l’apocalypse. Il faut le voir pour le croire : comme pour exorciser le destin, l’hégémon US a fait choix de la transgression ; comme pour prouver qu’il est toujours le maître, il se réfugie dans le mensonge et la provocation sans limite.
Cela a l’effet contraire.
Qui croit encore à la pax americana ? Combien de temps encore l’ordre américain régnera-t-il sur le monde ?
Le pape comprend ce qui se passe. Il cherche à alerter le monde, à éviter le pire.
La France devrait en faire autant.
La force n’est pas un remède.
À la façon de la drogue, qui peut cacher la souffrance ou permettre de la supporter, la force n’est qu’un pis-aller transitoire qui ne guérit rien mais au contraire ne fait qu’aggraver le mal.
La pensée biblique le sait depuis des siècles. Son savoir ancestral se confirme expérimentalement à chaque explosion de violence. Le pape le rappelle. Il est dans son rôle. Il ne s’adresse pas seulement à Trump et aux USA, Il s’adresse à toutes les nations du monde afin qu’elles trouvent un autre mode de relations que la soumission de toutes à une seule, une seule dont sont attendus tous les bienfaits possibles, à laquelle sont imputés tous nos méfaits et malheurs, et dont la destinée manifeste est de périr pour le châtiment de ses fautes.
Après avoir accusé Biden, les Démocrates, les gauchistes, les immigrés, l’Iran, la Chine, l’Europe, etc., etc., voici que Trump accuse le pape. Gardons-nous pourtant, l’imitant, voyant en lui le seul et unique coupable, d’oublier nos propres fautes.
« Qui protège sa vie la perdra ».
Denis Monod-Broca
